Or s'il y a bien une nécessité du travail, si le travail est le lieu d'une médiation entre l'homme et la nature par laquelle il tente de satisfaire ses besoins, de produite et de reproduire ses moyens d'existence; cette nécessité n'est elle pas également culturelle? N'y a t il pas dans le travail quelque chose de plus riche qui se joue : la production de l'homme par lui meme?
Nous cernons au reste une 2e définition possible du travail + riche + essentielle : il n'est pas uniquement un moyen pour produire et consommer, pour transformer la nature et satisfaire des nécessités vitales ; tout ce par quoi l'homme se réaliste et s'humanise. Nous travaillons ainsi non pas seulement pour survivre, mais pour devenir nous mêmes (en tant qu'individu et espèce), l'existence humaine ne se limitant jamais a la seule vie biologique.
Le travail en effet n'est pas seulement le lieu d'une médiation entre l'h et la nature. Il s'y loue qch de + riche : la production de l'h par lui mm. On peut comprendre cette auto production dans l'analyse hégélienne du passage par la ruse technique et dans la conquête qui est son corollaire de la liberté humaine. Si le travail est une médiation c'est bien pck il admet un intermédiaire (l'outil), et que cet intermédiaire résout la tension du dialogue avec la nature en la soumettant. Par la ruse technique, le travail apparait comme conquête de l'autonomie : ile ne se contente pas de satisfaire mon besoin, il me libère du besoin. Plus largement, on peut comprendre que ce qui s'incarne dans l'oeuvre, dans le résultat du travail, a pour qch a voir avec ce qui constitue chacun de nous : l'oeuvre est une objectivation, en laquelle le travailleur se reconnait et se repere. c'est ce qui fait qu'on peut dire que le travail ne s'entend pas seulement du travailleur sur la nature, mais aussi du travailleur sur le travailleur : en d'autres termes, il y a un choc en retour du travail sur le travailleur.
Aussi dans le travail l'h conquiert il son humanité et sa liberté. d'abord l'h est un animal qui travaille, un animal fabricateur d'outils. Lors de fouilles archéologiques, on sait qu'on se situe en terrain humain des qu'on trouve des silex taillées. C'est que le travailleur humain ne se contente pas d'utiliser les instruments de la nature, les ressources naturelles en vue de satisfaire des besoins de survie ; il transforme la nature invente de nouveaux produits a consommer ou a utiliser. Ainsi apparaissent des besoins artificiels, mais nécessaires a l'h artificiel qu'il est devenu. Le travail des h, dit Marx produit leur monde matériel et spirituel et par suite leur mode de vie. Le travail est donc bien un passage de la nature a la culture qu'il faille comme rousseau s'en plaindre ou comme Hegel s'en féliciter. Le travail assume le besoin naturel en l'incarnant comme besoin naturel.